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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 07:58

26 décembre 2004, 7h58 minutes et 52 secondes. Le 4ème séisme le plus fort jamais enregistré dans le monde fait trembler l'Océan Indien. Ving minutes plus tard, le Tsunami provoqué par ce tremblement de terre engendrera des vagues atteignant jusqu'à 30 mètres de haut. La réalité dépasse la fiction... Si l'on entend beaucoup parler des 20 000 malheureuses personnes qui ont perdu la vie en Thaïlande, on parle moins souvent des 220 000 morts et disparus le long du trait de côte en Indonésie, entre Aceh et Meulaboh, où j'ai passé deux semaines, huit jours après le sinistre. 10 ans après, le souvenir de ces images est toujours aussi douloureux.

Témoigner, c'est le rôle, la mission et le devoir du Corps des Peintres de la Marine. Aussi, lorsque le SIRPA me proposa de rejoindre la "Jeanne" au Sri Lanka en compagnie de Jean-François Deniau, j'avais répondu "présent". Comme tout le monde, depuis le 26 décembre, j'avais pu prendre conscience de cette catastrophe. Jamais je n'aurais imaginé que sur le terrain, ce drame était d'une dimension aussi inhumaine. Le Commandant de la Jeanne d'Arc, Marc de Briançon, peut être fier de la façon dont il a géré cette intervention interarmées. Notre mission était humanitaire avant d'être journalistique, et ce fut difficile de le faire admettre à certaines personnes embarquées... Nous devions en effet installer un hopital de campagne, mettre en place un pont aérien pour déposer au plus vite, auprès des rescapés, de l'eau, des vivres et du personnel médical de la protetion civile. Un travail remarquable des armées françaises, pas assez mis en avant par la presse. Heureusement, sur le terrain, ce travail a éte reconnu. Un colonel des Marines US rencontré sur place m'avait interpellé : " Vous les Français vous faites un sacré boulot !" Il fallait aussi que nous nous en souvenions.
Les premiers jours, nous étions seulement autorisés par le gouvernement indonésien à faire des reconnaissances aériennes sans pouvoir nous poser. Nous avons pu ensuite héliporter des vivres et de l'eau à des villages qui n'avaient reçu aucun secours depuis le 26 décembre.

Ces images existent pour ne pas oublier.

Philip Plisson

 

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Le 4 janvier 2005, la Jeanne D'Arc et le Georges Leygues appareillent de Djibouti, à destination du nord de l'Indonésie, avec à leur bord 5 tonnes de médicaments, 80 000 litres d'eau et 6 000 rations de combat pour venir en aide aux victimes.

TSUNAMI 2005 - 002Photo : Stéphane Dugast

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Première mission héliportée. Après deux jours de survol pour repérage, le gouvernement indonésien nous autorise enfin à distribuer de l'eau et des vivres dans les villages inaccessibles, qui n'ont vu aucun secours depuis le 26 décembre.

 

                      TSUNAMI 2005 - 007  TSUNAMI 2005 - 008

Jean-François Deniau est à bord avec moi lors de ce premier vol. Le silence en dit long sur notre état d'esprit !

TSUNAMI 2005 - 009Trois semaines après le passage de la vague, l'eau ne s'est toujours pas retirée.

TSUNAMI 2005 - 011Nous approchons d'un village, ou de ce qu'il en reste...

TSUNAMI 2005 - 012Nous allons nous poser sur une ancienne route, à proximité du village, pour assurer la sécurité et prévenir les poulations de l'arrivée d'un hélicoptère Puma.

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TSUNAMI 2005 - 016A peine l'hélicoptère posé, la population se dirige vers nous !

TSUNAMI 2005 - 018Photo : Stéphane Dugast

TSUNAMI 2005 - 019Nous découvrons une population particulièrement disciplinée et attentive au discours du jeune Enseigne de Vaisseau.

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TSUNAMI 2005 - 023La distribution se passe dans le silence et l'ordre !

TSUNAMI 2005 - 030Ces enfants sont muets, hagars et la plupart sont incapables de transporter les vivres et l'eau que nous leur offrons.

TSUNAMI 2005 - 024L'eau qui a tout détruit, mais aussi l'eau sans laquelle la vie n'est plus possible !

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Nous prenons alors conscience que ce village, à l'origine de 700 habitants, ne compte plus que 150 âmes, dont de très nombreux orphelins.

TSUNAMI 2005 - 028Enfin l'eau !

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Ces deux petites orphelines ont dans leur regard une détresse impossible à oublier !

TSUNAMI 2005 - 033Certains retrouvent quand même les forces de s'amuser...

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  Le calme après le désastre

TSUNAMI 2005 - 036Le temps est venu de faire le bilan, sans trop savoir comment commencer...

TSUNAMI 2005 - 037La richesse de cet homme : un vélo pour se déplacer et quelques objets récupérés...

TSUNAMI 2005 - 039On nettoie et on balaye quand cela est possible. Sur le pas de porte, on tente de récupérer des objets dans ce mélange de gravas, de boue, de béton et de bois.

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TSUNAMI 2005 - 044A toute vitesse, des ambulances roulent le long de ces rues et avenues dévastées. A leur bord, des hommes au nez et à la bouche masqués pour supporter les odeurs. De temps en temps, une de ces ambulances s'arrête afin d'embarquer des cadavres déposés le long de la route.

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TSUNAMI 2005 - 048Déployés au large de la côte sinistrée par le Tsunami, les marins de la Jeanne d'Arc et du Georges Leygues vont, tour à tour, débarquer dans cette ville de Meulaboh, qui n'en finit pas de panser ses plaies.

 

TSUNAMI-2005---053-copie-1.JPG

 

TSUNAMI 2005 - 054Aucune trace de vie, pire encore, aucune trace de matériaux de construction. La mer est repartie avec la mémoire de ce village.

TSUNAMI 2005 - 055Vu de l'hélicoptère Puma, il ne reste plus rien ou presque. Quelques habitations en dur. Autour, c'est un véritable champ de ruines. Comme après un bombardement.

TSUNAMI 2005 - 058Au moins 228 429 personnes ont trouvé la mort ou seront portées disparues et présumées mortes dans le nord de l'île indonésienne de Sumatra, entre Aceh et Meulaboh.

TSUNAMI 2005 - 060Les mots ne pourront jamais être à la hauteur de la réalité !

TSUNAMI 2005 - 069On estime à 4000 le nombre de bateaux de pêche détruits ou disparus tout au long de cette côte, et ce fut l'un des premiers problèmes à résoudre : reconstruire une flotte de pêche, première activité économique de la région.

TSUNAMI 2005 - 071

 

TSUNAMI 2005 - 075Après avoir survolé 400 kilomètres de trait de côte dans la province d'Aceh, entre Banda Aceh et Meulaboh, j'ai compris qu'il ne restait plus, sur une bande d'un kilomètre au minimum, que quelques vivants et des morts.

TSUNAMI 2005 - 076


TSUNAMI 2005 - 082

 

TSUNAMI 2005 - 084Dans le village de Lampuuk, près de Banda Aceh, seule la mosquée a résisté au Tsunami. Plus aucune trace de vie, plus aucune trace du passé, la mer s'est transformée en un gigantesque aspirateur, et la pendule s'est arrêtée à 08h26

 

Capture-d-ecran-2014-12-22-a-17.09.46.JPG

Aujourd'hui, la vie a repris ses droits autour de la Mosquée...

Photo : AFP/Chaideer Mahyuddin 

 


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Published by Philip Plisson
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commentaires

BOUGON Frédéric 27/12/2014 19:10

Vos photos se passent de tous commentaires et je les trouve encore plus fortes et plus parlantes que toutes ces vidéos que l'on peut voir, car vous avez su en plus de voir un ensemble, nous faire
partager une émotion considérable et ces regards d'enfants qui témoignent d'une catastrophe aussi pire que la guerre et en plus avec le Tsunami, c'est un ravage qui se passe en quelques minutes
seulement.........Merci et je suis frappé par l'ordre et le sans froid de ces populations.
Frédéric,

Philip Plisson 29/12/2014 12:00



Merci Frédéric d'avoir ressenti et partagé ces émotions